
En effet, si vous avez bien fait vos devoirs, vous savez que cette grippe ne constitue pas un danger particulièrement plus élevé que ceux qui nous entourent déjà. La comparaison classique que l’on donne à ce sujet, si on s’en tient aux statistiques, est que la grippe « ordinaire » a tué approximativement 100 fois plus de personnes ces derniers mois que la grippe H1N1. À des niveaux autres que sanitaires, plusieurs causes de mortalité sont bien plus importantes que cette grippe, incluant le suicide et les accidents de route par exemple. Et voilà que


Je ne suis pas un adepte des théories de complots, mais il se produit en effet un phénomène complexe et étrange dans le cas de la campagne de vaccination massive, un phénomène que nous avons de la difficulté à expliquer et à saisir, et je me propose comme candidat pour l’expliquer en partie. Premièrement, supposer un génie maléfique à la tête de l’enchaînement de tous ces phénomènes me semble être un raisonnement semblable à… (tenez-vous bien!) celui que fait Saint-Thomas d’Aquin dans ses cinq démonstrations de l’existence de Dieu. Bon, ici, une infime minorité savent de quoi je parle, mais pour le reste, voilà le résumé de ce que je veux dire par là : ce n’est pas parce que des phénomènes semblent être organisés et

Mais sans qu’il n’y ait nécessairement un grand génie diabolique qui a pensé à toutes les conséquences de ce phénomène, il n’en reste pas moins que les inquiétudes à ce sujet peuvent être justifiées. Selon ma perspective que je me propose de vous partager, avec le phénomène de la grippe H1N1, nous assistons à la fusion dangereuse de trois phénomènes sociaux qui déjà, bien avant l’histoire de la grippe H1N1, avaient été identifiés à plusieurs reprises comme étant un peu maladifs et malsains. Or voilà, aucun individu ne « pense » à ces phénomènes sociaux, personne ne les « crée » vraiment : en fait, c'est nous, en tant que masse, qui y participons et les avons créés.

Le deuxième phénomène est celui de la paranoïa sanitaire et de la prévention abusive concernant la sécurité physique. Par exemple, vous avez sans doute remarqué ces affiches dans les toilettes publiques ou autres endroits qui vous expliquent comment vous laver les mains en 5, 7,

Pour ce qui est du troisième phénomène, nous y participons tous si activement qu’il nous est difficile de le distinguer. Il s’agit de la position que la société accorde à l’économie dans la hiérarchie des valeurs humaines… c’est-à-dire la première. Notons d’ailleurs que c’est grâce à ce troisième phénomène qu’un complot aurait pu émerger si complot il y a… mais notons surtout que je n’aborderai pas cette question ici. En effet, ne jugeons-nous pas que quelqu’un a « réussi sa vie » s’il possède beaucoup d’argent ou une compagnie? Certaines entreprises ne peuvent-ils pas faire passer le « profit » avant plusieurs considérations morales et valeur

En résumé, il est trop tôt pour savoir si le vaccin nous « sauvera » réellement ou s’il créera lui-même une nouvelle maladie par ses effets secondaires, mais la méfiance quant à la campagne de vaccination massive et quant à ce que j'oserais appeler la « campagne de peur » nous permet d’observer une « maladie » qui, elle, fait bien plus peur que cette grippe et contient un danger beaucoup plus réel et probablement beaucoup plus élevé : nous ne savons plus si nous pouvons faire confiance ou non à notre gouvernement. Le gouvernement n’échappe pas aux trois phénomènes que j'ai énuméré : il y participe et même les encourage depuis un bon moment. Tout se passe un peu comme si on avait adopté des créatures en apparence inoffensives dans leur jeunesse mais qui, une fois développées, se seraient révélées potentiellement dangereuses. Une foule de personnes dans la société aurait répété à plusieurs reprises à propos de chacune de ces créatures « Attention, il y a quelque chose de malsain dans ces créatures, ça va se retourner contre nous un jour! »… et le gouvernement ne les aurait simplement pas pris au sérieux. Après tout, ce ne sont que des idées : que valent-elles si elles ne peuvent pas produire d'argent? Quoi qu’il en soi, une fois que cette histoire de vaccination massive sera passée, espérons que le gouvernement trouvera un moyen de regagner sa crédibilité.

D’une certaine manière, on emploie tous cette opposition lorsqu’il nous arrive d’avoir une pensée semblable à : « J’aurais vraiment envie d’effectuer telle action, mais ma raison me dit que je ne devrais pas » ou, à l’inverse, « Je n’ai tellement pas envie d’effectuer telle action, mais ma raison me dit que je dois le faire ». La pensée que vous avez ou la parole que vous énoncez n’utilise pas nécessairement ces termes (vous employez peut-être "coeur" au lieu de "passion" ou bien "tête" au lieu de "raison", ou bien quoi que ce soit d'autre), mais vous comprenez tous très bien ce à quoi je fais référence : nous pouvons tous rapporter ce type de phrase à des expériences personnelles.
Ce que je trouve curieux dans cette opposition, c’est la supériorité que l’on accorde naturellement à la Raison et donc à notre intelligence. En effet, dans notre paradigme moral, nos passions sont la « source du mal » et, pour faire un geste « moralement bon », nous ne devons pas céder à leur tentation mais plutôt les « contrôler » et s’en rendre maître : c’est alors seulement que nous pourrons devenir « matures », « sages » et « maîtres de nous-même ». Historiquement, nous devons probablement cette conception à notre tradition morale chrétienne.




D'ailleurs, dans plusieurs cas, « le mieux pour nous » tel que prescrit par notre raison signifie « éviter le plus de problèmes possibles ». Cela apparaît normal : qui voudrait des problèmes? Mais d'un autre point de vue (car il s'agit bien ici d'une question de point de vue), cela signifie souvent du même coup « affronter le moins d’épreuves possible », ce qui n’est pas nécessairement « le mieux pour nous » dans une perspective globale d’amélioration constante de soi. Prenons un « cas de coeur » très concret : celui d’une femme qui vient de terminer une relation avec son copain sans qu'il ne s'agisse entièrement de sa propre décision. Motivée par l'espoir de faire revivre cette relation, elle souhaite retourner voir l’homme en question pour qu'il remette sa décision en question. Mais sa raison lui prescrit de ne pas agir ainsi en se basant sur une réflexion semblable :
1) Je souhaite revoir mon ex-copain principalement parce que j’espère avoir une chance de recommencer une relation avec lui.
2) Or, il a déjà très clairement une autre femme en tête et m’a expliqué plusieurs fois qu'il était définitivement passé à autre chose.
3) Donc, mon espoir est vain et le fait de persister ne fera que confirmer l'impossibilité de la réalisation de mon espoir, ce qui causera probablement une peine encore plus intense que celle que je vis en ce moment.
Bien que nous soyons loin d'un syllogisme rigoureux et loin des termes exactes que cette femme emploierait, c'est tout de même sur une forme semblable que se développerait son raisonnement. Oui, la conclusion pourrait facilement s'avérer exacte : il est en effet vrai (car c’est bien le résultat lié à la vérité qui nous importe lorsque nous faisons usage de notre Raison) que cette femme risque fortement de se faire du mal en agissant ainsi. Mais sans conclusion définitive, sans coup final, l'histoire de la femme avec son ex-copain pourrait très bien laisser des traces négatives sur sa vie émotive, qui sait? Peut-être qu’en écoutant ses passions et en retournant voir l'homme en question, elle pourrait réaliser avec plus de plénitude que son histoire avec lui est terminée? Peut-être ne sera-t-elle plus rongée intérieurement par le doute? Peut-être sera-t-elle plus en mesure, pour une prochaine fois, de détecter la fin officielle d'une relation, ou du moins de mieux l’assumer, voire même de l'éviter? Ou peut-être même qu’un malentendu important sera réglé? Une foule de conséquences positives hypothétiques est possible.
Bref, bien que la Raison puisse nous indiquer la présence d’un éventuel mal et la manière dont nous pouvons l'éviter, rien n’empêche qu’il pourrait en réalité être souhaitable de le vivre. À ce « mal » peut en effet être attaché un défi permettant une amélioration de soi ainsi que des conséquences positives (évènements) que la Raison aurait été incapable de prévoir.
Le paradoxe de ce point de vue? Si vous décidez avec votre Raison de céder à vos Passions, vous n’écoutez plus vraiment vos Passions, mais votre Raison! La morale de ce paradoxe? Même s'il me semble qu'on valorise parfois un peu trop la rationalité, agir sans réfléchir de temps en temps est selon moi loin d’être condamnable : en fait, dans certaines situations où la Raison ne peut clairement pas tout éclairér j'oserais dire que c’est même plutôt souhaitable.

Mais bien sûr, ce ne sont pas toutes ces associations qui peuvent être appelées stéréotypes. Le mot « ours » peut vous faire penser au mot « poilu », mais nous sommes d'accord pour dire que « l’ours poilu » ne constitue pas un stéréotype pour autant. Dans le même ordre d’idées, le mot « tigre » peut vous faire penser au mot « dangereux », mais un « tigre dangereux » ne constitue pas un stéréotype po


Il y a plusieurs raisons pour lesquelles l’usage des stéréotypes est critiqué, la première étant évidemment lorsque le stéréotype en question est perçu négativement (ex : les militaires sont de

Laissez-moi vous expliquer : disons qu’à un souper de famille, alors que votre petit frère parle d’un ami noir qu’il s’est fait en entrant à l’école secondaire, votre oncle se fait un plaisir d’ajouter un commentaire ressemblant à : « Un de ceux qui jouent au basketball, qui portent des vêtements trop longs et qui écoutent du rap j’imagine!? ». Vous n’a




Bref, n'ayons pas honte d’incarner un stéréotype s’il ne nous apparaît pas péjoratif... et ne nous emportons pas par "réflexe" si on en applique sur les autres! Alors qu'ils sont souvent condamnés par le seul fait qu'ils sont des stéréotypes, plusieurs stéréotypes que l'on applique (et surtout ceux que l'on incarne) gagneraient à être considérés. Peut-être (surement?) possèdent-ils un fond de vérité et, qui sait, peut-être pourrions-nous faire une découverte intéressante en les acceptant? Si ce point de vue que je viens d'exprimer sur les stéréotypes vous apparaît un peu l’inverse de ce que l’on entend d’habitude, et bien pardonnez-moi : je dois admettre que j’incarne un peu ce stéréotype…











Et si vous vous promenez devant un kiosque de revues ce mois-ci (juillet 2009), vous verrez peut-être...

Bon, ce n’est une surprise pour personne, vous avez tous perçu ce qu’ont en commun ces images : elles présentent tous un homme et une femme dans une situation où l’homme ou est un un peu ridiculisé, ou « perd le rapport de force ». Vous croyez que ma sélection est arbitraire et qu'il serait facile de trouver des images médiatiques dans lesquelles les femmes sont elles aussi ridiculisées de la même manière? Opposition réflexe... mais complètement erronée. Et pour le démontrer, nous n'aurons même pas à chercher des heures sur Internet et à faire le tour de tous les clubs vidéos, ne vous inquiétez pas! Nous n'aurons qu'à entamer la seconde partie de mon petit jeu, et je vous demande d’y participer réellement s’il vous plait. Regardez une seconde fois les images ci-dessus et, pour chacune d’entre-elles, avec votre imagination, prenez le temps d’inverser le rôle de la femme et de l’homme : vous ne pourrez vous empêcher de constater que les images ne transmettent soudainement plus la même idée, le même niveau d'humour ou du moins le même type d’humour.

Le « scan » n’est pas de très bonne qualité, mais en-dessous du titre, il est inscrit la phrase suivante : « Une femme inspecteur, plus douée que ses collègues machos, élucide des meurtres avec ses amies, entre filles ». L’idée que des hommes lâches et machos bâclent leur travail tandis que des femmes, incluant plusieurs qui ne pratiquent même pas le métier en question, le réussissent beaucoup mieux, est une idée parfaitement acceptable et ne créera aucun remue-ménage. Et à quand une émission dont la description sera : « Un homme, plus doué que ses collègues « pitounes » et superficielles… »? Ne vous inquiétez pas mesdames les féministes, vous n’aurez pas à vous battre contre ce type de série télévisée qui serait dégradante pour l’image de la femme… parce qu’aujourd’hui, personne n’osera la produire, vous le savez très bien! Félicitation, vous avez bien fait votre travail! À mon avis, à notre époque, une féministe qui souhaite protéger l’image de la femme dans les médias en criant « Égalité! », c’est un peu comme un animateur de radio qui souhaite légitimer ses insultes en criant « Liberté! » : c'est absurde, mais sans qu'ils et qu'elles s'en rendent nécessairement compte. Juste pour le plaisir, je vous invite à répéter le petit jeu que nous avons fait plus tôt, mais en appliquant votre imagination sur la publicité de cette émission. Cette expérience sera symbolique au sens littéraire du terme : cette image ne présente pas un homme et une femme en particulier, mais bien le symbole d'un homme et le symbole d'une femme. Et si vous avez pris la peine de vous imaginer l'inverse… Tiens tiens, c’est moins drôle, n’est-ce pas?








Mais de toute façon, la question au centre du discours de ceux qui condamnent la violence dans les œuvres médiatiques est la suivante : peut-on diminuer la violence réelle dans une société en diminuant la violence fictive qui y circule? Leur réponse? "Oui, évidement, et c’est pour cela qu’on doit agir et mettre fin à cet élan de violence médiatique!" La mienne? Je crois que vous vous en doutez! Je choisis de l'introduire avec cette remarque : les « médias », ce sont des outils de « médiation »! Et oui, qui l'eût cru? Lorsque je lis ou j’entends ce genre de discours qui critique la présence de la violence dans les oeuvres de fiction et qui l'accuse de causer de la violence réelle, j’ai l’impression de faire face à des enfants qui ont vu un petit lapin se faire dévorer par un gros méchant loup dans une montagne à travers des jumelles et, qu’après avoir pleuré, ils maudissent les jumelles!

Initialement, ce préjugé provient probablement d’individus qui cherchaient un coupable à l’existence de la violence (question d’incarner une quête



Et le pire dans tout cela, c’est que si nous avions vraiment à formuler une hypothèse concernant l’existence d’un lien important entre la consommation d’images violentes et les comportements violents dans la société, nous serions bien plus légitimés de postuler l’inverse de ce préjugé! En effet, il serait bien plus cohérent d’avancer que plus la violence est représentée "en détail" dans les oeuvres de fiction (aujourd'hui) et que plus ces oeuvres sont accessibles, moins elle est exécutée dans le monde réel en tant que solution pour régler des conflits. Vous avez un conflit important avec quelqu’un? Vous ne le provoquerez pas en duel : vous le poursuivrez en cours. Vous êtes un membre sérieux d’un parti politique qui s’oppose à un autre? Ou d’un syndicat qui s’oppose à leurs patrons? Vous ne ferez pas d’actes de destruction et de violence : vous vous attaquerez simplement à la réputation de l’autre. Vous venez d’apercevoir un individu tenter de voler votre boutique? Vous ne lui couperez pas la main : vous ne ferez qu’exprimer votre mécontentement à différents degrés ou, dans le pire des cas, vous appellerez la police... qui ne lui infligera pas la moindre punition physique.
Vous savez ce que ça donne quelqu’un qui croit réellement que moins il y a de violence dans les médias, plus il s’agit d’un meilleur exemple pour les enfants? Ça donne ça :

*Brrrrrrr!* Et vous savez ce que j’ai le goût de faire quand je vois ça? Ouvrir mon Playstation 2 et aller tuer quelques démons dans un Devil May Cry!